Dans le cadre de sa toute première activation parisienne, Habibi Plz a organisé une table ronde publique intitulée IDENTITÉS Arabes SANS COMPROMIS, réunissant des artistes, des praticiens culturels et des leaders communautaires pour aborder une question centrale :
Que signifie exister en tant qu'Arabe dans l'espace public occidental sans dilution, permission ou excuse ?
Organisée à Paris – l'une des capitales culturelles les plus influentes du monde – cette table ronde n'a pas été conçue comme une célébration de la représentation. Elle a été bâtie comme une conversation directe et stratégique sur le pouvoir, l'auctorialité et le contrôle du récit.
Les intervenants
La table ronde a réuni quatre voix travaillant à l'intersection de la culture, de l'identité et de l'espace public :
Mohamed « Moe » Farid
Fondateur et directeur créatif de Habibi Plz, Moe Farid est un entrepreneur social et stratège culturel travaillant dans la mode, le développement de la jeunesse et l'infrastructure culturelle dans le monde arabe et sa diaspora. Son travail se concentre sur la construction de plateformes indépendantes pour les récits arabes à travers le streetwear, la programmation communautaire et les institutions culturelles au Moyen-Orient, en Europe et en Amérique du Nord.
Hadi Moussally
Créatif pluridisciplinaire et opérateur culturel libanais basé à Paris, Hadi travaille dans les médias, la culture et la direction créative. Sa pratique explore la visibilité arabe, la représentation et l'identité contemporaine dans les espaces culturels européens, avec un accent particulier sur la création de ponts entre les communautés, l'art et le discours public.
Bashar Murad
Chanteur, auteur-compositeur et interprète palestinien internationalement connu pour utiliser la culture pop comme outil politique et culturel. Le travail de Bashar défie les stéréotypes, confronte les récits coloniaux et revendique l'expression de soi arabe à travers la musique, la performance et la narration visuelle.
Habibitch
Artiste, danseur, DJ et activiste non binaire d'origine algérienne, basé à Paris. Enraciné dans le voguing et le waacking, le travail d'Habibitch transforme la piste de danse en un espace politique, fusionnant performance, pensée décoloniale et identité queer arabe. Sa pratique utilise le corps comme lieu de résistance, de narration et de perturbation culturelle.
Pourquoi ce panel devait avoir lieu à Paris
Paris est une ville où les communautés arabes et SWANA sont omniprésentes, et pourtant leurs histoires sont encore trop souvent racontées à propos d'elles plutôt que par elles.
Dans les institutions culturelles, les médias, la mode et l'art, l'identité arabe est fréquemment :
Le panel IDENTITÉS Arabes SANS COMPROMIS a été créé pour contester directement cette dynamique.
Non pas pour demander une place.
Mais pour la revendiquer.
De la visibilité au pouvoir
Un thème central de la discussion était la différence entre être visible et avoir du pouvoir.
La visibilité peut être accordée.
Le pouvoir doit être construit.
Les intervenants ont discuté de la manière dont les créatifs arabes sont souvent accueillis sur les plateformes occidentales uniquement sous certaines conditions : adoucir le message, simplifier la politique, esthétiser la culture, éviter l'inconfort.
Le panel a remis en question si cette forme d'inclusion était un progrès — ou simplement une forme de contrôle plus polie.
Le coût du refus de se diluer
Un autre fil conducteur de la conversation a porté sur ce qu'il en coûte de rester intransigeant.
La discussion a abordé :
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Les risques professionnels de refuser de « blanchir » son identité
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Le coût financier de la construction de plateformes indépendantes
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Le coût émotionnel de la négociation constante et du « code-switching »
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La pression de rendre le travail « lisible » pour des institutions qui ne partagent pas l'expérience vécue
La conclusion a été directe et sans fioritures :
Être sans compromis n'est pas gratuit. Mais se diluer ne l'est pas non plus.
Qui contrôle les récits arabes ?
L'une des parties les plus directes du panel a examiné qui contrôle réellement les histoires arabes dans les espaces culturels occidentaux.
Est-ce :
Et plus important encore : que faut-il pour cesser de négocier avec ces gardiens et commencer à construire notre propre infrastructure culturelle ?
Le panel l'a clairement indiqué : la représentation sans appropriation maintient le pouvoir dans les mêmes mains.
La salle était le message
Ce qui a rendu le panel particulièrement puissant, ce ne sont pas seulement les intervenants, mais aussi le public.
La salle était remplie de personnes qui se reconnaissaient dans la conversation. Le panel n'a pas été consommé comme du contenu. Il a été vécu comme une réflexion.
Les gens sont restés longtemps après la fin de la discussion. Les conversations ont continué. Des histoires ont été échangées. Des liens ont été créés.
Ce n'était pas une performance.
C'était un moment collectif de reconnaissance.
Pourquoi Habibi Plz a créé cette plateforme
Habibi Plz n'a pas organisé ce panel comme un exercice de marketing.
La marque existe en tant que plateforme culturelle autant qu'en tant que produit. Le panel de Paris l'a clairement montré.
Le but n'était pas d'organiser une « conversation sur la diversité ».
Le but était de changer complètement les termes de la conversation.
De :
« Pouvons-nous être inclus ? »
À :
« Pourquoi posons-nous encore la question ? »
Et après
Le panel IDENTITÉS Arabes SANS COMPROMIS n'était pas une discussion ponctuelle.
Il marque le début d'un engagement à long terme de Habibi Plz pour construire des conversations publiques, des espaces physiques et une infrastructure culturelle où l'identité arabe n'est pas négociée, mais plutôt créée.
Paris n'était pas la conclusion.
C'était le signal.
La conversation ne porte plus sur la visibilité.
Elle porte sur l'appropriation.